Sport et kinésithérapie
Chaque rentrée, nous voyons arriver les mêmes patients : “J’ai voulu profiter des vacances pour me remettre au sport… et je me suis blessé au bout de trois jours.” Pourtant, ils ne sont ni débutants, ni en mauvaise santé. Ils ont simplement demandé à leur corps de faire en quelques jours ce qu’il n’avait plus fait depuis des mois. La bonne nouvelle : ces blessures de reprise estivale sont dans l’immense majorité des cas évitables. Ce guide détaille, sport par sport, ce qui les provoque réellement et comment adapter sa reprise.
Par Jérôme Auger, kinésithérapeute DE (EFOM 2006), fondateur d’Institut de Kinésithérapie
À retenir
Les blessures sportives de l’été sont rarement dues au hasard. Elles surviennent surtout après :
Une progression graduelle et un échauffement dynamique réduisent fortement le risque de blessure.
Trois facteurs se cumulent rarement autant qu’en cette saison.
C’est le facteur numéro un. En course à pied, la littérature scientifique est convergente sur un point : entre 30 et 50 % des coureurs se blessent chaque année, et le risque grimpe fortement chez ceux qui reprennent après une interruption ou augmentent leur volume trop vite : un débutant ou un coureur qui reprend expose ses tendons à un risque de blessure environ deux fois plus élevé qu’un coureur régulier. La tendinopathie d’Achille illustre bien ce mécanisme : sa prévalence peut atteindre 40 à 50 % au cours de la vie d’un coureur, précisément parce que ce tendon, peu vascularisé, s’adapte lentement à une charge nouvelle.
L’erreur que nous voyons le plus souvent : “J’avais enfin du temps, alors j’ai fait du sport tous les jours.” Le tendon, lui, ne connaît pas les vacances. Il a besoin de plusieurs semaines pour s’adapter à une charge nouvelle, quel que soit le temps libre disponible pour s’entraîner.
Elle modifie la perception de l’effort (on se sent moins fatigué qu’on ne l’est réellement) et accélère la déshydratation, qui réduit l’élasticité tissulaire et la vigilance neuromusculaire.
Sable, sentiers, terre battue : chaque surface impose des contraintes différentes aux appuis. Un corps habitué au bitume plat n’est pas préparé à ces variations, en particulier au niveau de la cheville.
La blessure classique de l’été : la tendinopathie d’Achille ou la périostite tibiale, provoquées par une augmentation trop rapide du volume de course.
Ce qu’il faut faire :
Signal d’alerte : une douleur qui persiste au-delà de 48 heures après l’effort, ou qui apparaît dès les premières foulées, signale un tissu qui n’a pas récupéré.
Ces sports combinent accélérations brutales, changements de direction et gestes en rotation du tronc, un cocktail exigeant pour l’épaule, le coude et la cheville.
Ce qu’il faut faire :
Signal d’alerte : une douleur latérale du coude qui apparaît après plusieurs séances rapprochées signale une surcharge tendineuse (épicondylalgie).
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La descente, plus que la montée, concentre le risque (impact articulaire répété) sur le genou et la cheville, souvent en fin de parcours quand la fatigue s’installe.
Ce qu’il faut faire :
Signal d’alerte : une douleur antérieure du genou qui s’intensifie en descente est typique d’un syndrome fémoro-patellaire.
Les sorties longues du week-end après une pratique irrégulière génèrent des douleurs de genou (syndrome rotulien, syndrome de l’essuie-glace) et des lombalgies liées à une position prolongée.
Ce qu’il faut faire :
Ce sont probablement les plus grands pourvoyeurs de blessures aiguës de l’été : entorses de cheville et de genou, lésions musculaires, parce qu’ils sont pratiqués de façon occasionnelle, sans échauffement, sur un terrain irrégulier, avec des accélérations et changements de direction brutaux.
Ce qu’il faut faire :
L’épaule est la structure la plus sollicitée, en particulier en crawl et en paddle, où les mouvements répétitifs en rotation externe peuvent générer un conflit sous-acromial.
Ce qu’il faut faire :
Dans les 48 premières heures :
Vous reprenez le sport cet été ?
Un bilan de prévention permet d’identifier les limitations de mobilité, les déficits de force et les déséquilibres qui favorisent les blessures. Une seule séance peut suffire à adapter votre reprise et limiter le risque de tendinite, d’entorse ou de douleur persistante.
Nos kinésithérapeutes réalisent ce bilan dans l’un de nos 18 cabinets en Île-de-France.
Une gêne est déjà là ? Nos cabinets proposent des créneaux rapides pour éviter qu’une douleur naissante ne devienne une blessure d’arrêt.
Cela dépend du stade de la tendinopathie et de la réponse au traitement, mais une reprise trop précoce sur une douleur encore présente à l’effort est le facteur le plus fréquent de rechute. Un avis kinésithérapique permet de fixer un calendrier de reprise progressif et sécurisé.
L’étirement statique prolongé avant l’effort n’a pas démontré d’effet protecteur contre les blessures et peut réduire transitoirement la force musculaire. Un échauffement dynamique est préférable.
La règle la plus solide reste la progressivité : augmenter le volume ou l’intensité de 10 % maximum par semaine, et privilégier plusieurs séances courtes plutôt qu’une reprise intensive isolée.
Une douleur qui persiste au-delà de 48 heures, qui apparaît dès le début de l’effort, ou qui s’intensifie séance après séance sont des signaux qui justifient une consultation.
Sources
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