Sport et kinésithérapie

Posté par Ik Chatenay Kiné

02 février 2026

Comment savoir si j’ai un syndrome rotulien ? Le diagnostic en 5 étapes

Test syndrome rotulien | Institut de Kinésithérapie | Paris et Ile-de-France

Vous avez mal à l’avant du genou. Vous ne savez pas si c’est un syndrome rotulien, une tendinite, de l’arthrose ou autre chose. Vous cherchez à poser un diagnostic vous-même avant de consulter. Ce guide vous aide à identifier si vous avez probablement un syndrome rotulien. Mais attention : l’auto-diagnostic a ses limites. Seul un professionnel, qu’il soit kinésithérapeute ou médecin, peut confirmer avec certitude et identifier la cause précise.

Accès rapide

Les 5 signes typiques du syndrome rotulien

Signe n°1 : Douleur diffuse autour ou derrière la rotule

La douleur se manifeste de manière caractéristique. Vous avez mal quelque part devant le genou, mais vous ne pouvez pas pointer précisément l’endroit exact. Quand on vous demande de montrer où ça fait mal, vous faites un cercle vague avec la main autour de la rotule.

Pourquoi c’est typique du syndrome rotulien ? Le syndrome rotulien crée une douleur diffuse parce que c’est le cartilage situé derrière la rotule qui est irrité. La douleur n’est pas localisée sur un point précis comme ce serait le cas pour une tendinite.

Ce qui élimine le syndrome rotulien : si vous pouvez pointer précisément un point douloureux comme sous la rotule ou sur le côté du genou, c’est probablement autre chose.

Signe n°2 : Douleur maximale en descente d’escalier

La descente des escaliers est l’activité la plus douloureuse pour les personnes souffrant de syndrome rotulien. Monter les escaliers est gênant, mais descendre devient insupportable.

Vous descendez en crabe, c’est-à-dire de côté, une marche après l’autre, en vous tenant fermement à la rampe.

Pourquoi c’est typique du syndrome rotulien ? En descente, le quadriceps freine le mouvement en se contractant en position étirée, ce qu’on appelle une contraction excentrique. Cette contraction tire sur la rotule et augmente considérablement la pression entre la rotule et le fémur. C’est le moment où la pression sur le cartilage est maximale.

Ce qui élimine le syndrome rotulien : si la montée est plus douloureuse que la descente, c’est probablement une tendinite rotulienne ou un problème de hanche.

Signe n°3 : Douleur après position assise prolongée (“signe du cinéma”)

Ce symptôme est très caractéristique. Vous restez assis pendant 1 à 2 heures, que ce soit au cinéma, en voiture, au bureau ou en avion. Quand vous vous levez, votre genou est raide et douloureux.

Vous devez “dérouiller” le genou pendant quelques pas avant que ça aille mieux.

Pourquoi c’est typique du syndrome rotulien ? En position assise, le genou est plié à 90 degrés. Dans cette position, la rotule est comprimée contre le fémur pendant une longue période. Le cartilage irrité réagit mal à cette compression prolongée, d’où la douleur au moment de se lever.

Ce qui élimine le syndrome rotulien : si vous n’avez aucune gêne en position assise prolongée, c’est moins probable, mais pas impossible pour autant.

Rencontrez notre équipe de professionnels de santé

 

Signe n°4 : Craquements du genou sans blocage

Votre genou craque ou grince quand vous le pliez ou le dépliez. Ça fait un bruit de crépitation ou de grincement caractéristique.

Mais il n’y a jamais de blocage. Le genou craque, mais il bouge normalement sans se bloquer.

Pourquoi c’est typique du syndrome rotulien ? La rotule qui glisse mal dans sa gouttière crée des frottements. Ces frottements produisent les bruits que vous entendez. Le cartilage irrité peut aussi créer des crépitations audibles.

Ce qui élimine le syndrome rotulien : si vous avez des craquements accompagnés de blocages, c’est-à-dire si le genou se bloque en flexion, c’est probablement un problème de ménisque.

Signe n°5 : Douleur progressive sans traumatisme

La douleur est apparue progressivement sur plusieurs semaines. Vous ne pouvez pas identifier un événement déclencheur précis.

Il n’y a pas eu de chute, pas de choc, pas de mouvement violent. Juste une douleur qui s’installe petit à petit au fil des jours et des semaines.

Pourquoi c’est typique du syndrome rotulien ? Le syndrome rotulien vient d’un déséquilibre musculaire ou d’une surcharge répétée. Ça ne crée jamais une douleur brutale et soudaine. C’est l’accumulation de micro-traumatismes répétés qui finit par créer la douleur.

Ce qui élimine le syndrome rotulien : si votre douleur est apparue brutalement après un choc, une torsion ou une chute, c’est probablement une lésion méniscale ou ligamentaire.

Test d’auto-diagnostic en 3 minutes

Cochez les cases qui correspondent à votre situation personnelle.

Partie 1 : Localisation et type de douleur

  • Avez-vous une douleur diffuse autour ou derrière la rotule, difficile à localiser précisément ?
  • Ressentez-vous la douleur sur les deux genoux ou en alternance entre le droit et le gauche ?
  • La douleur n’est pas précise et concentrée sur un point unique ?

Partie 2 : Moments de douleur

  • La descente d’escalier représente-t-elle le pire moment de la journée ?
  • Ressentez-vous une douleur après une position assise de plus d’1 heure, que ce soit au cinéma ou en voiture ?
  • Avez-vous mal pendant ou après le sport comme la course, le vélo ou les squats ?
  • Ressentez-vous de la douleur en vous accroupissant ?

Partie 3 : Signes associés

  • Votre genou fait-il des craquements ou des grincements ?
  • Avez-vous une sensation d’instabilité sans vrai dérobement complet ?
  • Constatez-vous un gonflement léger après l’effort, mais pas immédiatement ?
  • Ressentez-vous une raideur matinale qui disparaît rapidement ?

Partie 4 : Évolution

  • La douleur est-elle apparue progressivement sans traumatisme brutal ?
  • La douleur augmente-t-elle si vous continuez l’activité ?
  • La douleur diminue-t-elle au repos ?
  • Avez-vous moins de 40 ans, ou entre 40 et 50 ans et êtes-vous sportif ?

Résultats du test

Vous avez coché 10 cases ou plus

La probabilité que vous souffriez d’un syndrome rotulien est très élevée. Les signes que vous présentez sont typiques de cette pathologie.

Votre prochaine étape devrait être de confirmer ce diagnostic avec le guide complet sur le syndrome rotulien, de démarrer les exercices spécifiques, et surtout de consulter un kinésithérapeute spécialisé pour obtenir un diagnostic précis avec identification de la cause exacte de votre syndrome rotulien.

Vous avez coché 6 à 9 cases

Un syndrome rotulien est probable, mais le diagnostic doit être confirmé par un professionnel.

Votre prochaine étape devrait être de consulter un kinésithérapeute ou un médecin pour confirmer le diagnostic et éliminer les autres pathologies possibles comme une tendinite ou un problème de ménisque.

Vous avez coché moins de 6 cases

Votre douleur peut avoir une autre origine que le syndrome rotulien. Consultez un professionnel pour identifier correctement la pathologie dont vous souffrez.

Diagnostic différentiel : syndrome rotulien vs autres pathologies

Pourquoi l’auto-diagnostic a ses limites

Vous pouvez identifier que vous avez probablement un syndrome rotulien en vous basant sur les symptômes typiques. Mais vous ne pouvez absolument pas identifier plusieurs éléments cruciaux par vous-même :

  • Vous ne pouvez pas identifier la cause précise de votre syndrome rotulien. S’agit-il d’une faiblesse du quadriceps ? D’une hanche instable ? D’une cheville raide ? D’une erreur technique dans votre pratique sportive ? Seul un professionnel peut le déterminer
  • Vous ne pouvez pas identifier les facteurs aggravants spécifiques à votre morphologie ou à votre sport. Chaque personne est différente et nécessite une analyse personnalisée
  • Vous ne pouvez pas éta blir le protocole adapté à votre situation spécifique. Les exercices génériques ne fonctionnent pas aussi bien qu’un programme sur-mesure
  • Vous ne pouvez pas voir les erreurs techniques à corriger dans votre foulée de course, votre position sur le vélo, ou vos gestes sportifs. Ces erreurs sont invisibles à vos propres yeux
  • Vous ne pouvez pas savoir si vous avez une pathologie associée comme une tendinite combinée à un syndrome rotulien. Seul un examen clinique complet peut le révéler

Exemple concret de la différence

Le patient A se dit “j’ai un syndrome rotulien, je fais des exercices de quadriceps trouvés sur internet”. Il fait ces exercices pendant 3 mois. Ça va un peu mieux. Il reprend la course à pied. Rechute immédiate dès la première sortie.

Pourquoi cette rechute ? Parce que sa cause réelle était une faiblesse de la hanche combinée à une foulée avec valgus dynamique. Les exercices de quadriceps ne corrigeaient ni l’un ni l’autre de ces problèmes.

Le patient B présente exactement la même douleur. Il consulte un kinésithérapeute spécialisé. Le diagnostic est posé en 1 seule séance : syndrome rotulien causé par une faiblesse du moyen fessier combinée à un valgus dynamique en course.

Un protocole ciblé est mis en place : renforcement des fessiers, correction de la foulée, et exercices pour le quadriceps.

Résultat : 8 semaines plus tard, il est guéri. Aucune rechute depuis.

La différence fondamentale réside dans un diagnostic professionnel qui identifie la cause exacte et permet un traitement ciblé. Ne perdez pas 3 mois à faire des essais-erreurs, consultez un professionnel maintenant.

Qui consulter pour un diagnostic précis ?

Option 1 : Médecin généraliste ou du sport

Les avantages de cette consultation sont que le médecin peut éliminer d’autres pathologies graves. Il peut prescrire une IRM en cas de doute sur le diagnostic. Il peut également prescrire une ordonnance pour des séances de kinésithérapie.

Les limites de cette approche sont que le diagnostic est souvent standard sans identification précise de la cause. Il n’y a pas de traitement immédiat car le médecin vous renvoie vers un kinésithérapeute. Le médecin peut prescrire des anti-inflammatoires qui n’ont qu’un effet temporaire sur les symptômes sans traiter la cause.

Le moment idéal pour consulter un médecin est si vous voulez obtenir une IRM, si vous avez un doute sur le diagnostic, ou si la douleur est très intense.

Option 2 : Kinésithérapeute spécialisé (recommandé)

Cette option présente de nombreux avantages. Le kinésithérapeute réalise un d iagnostic clinique précis grâce à des tests spécifiques. Il identifie la cause exacte de votre syndrome rotulien. Le traitement peut débuter immédiatement dès la première séance. Vous n’avez pas besoin d’ordonnance pour le bilan initial. Les séances sont remboursées par la Sécurité sociale et votre mutuelle avec une ordonnance pour les séances suivantes.

Ce que le kinésithérapeute fait concrètement : il réalise des tests d’alignement rotulien pour observer comment votre rotule se déplace. Il effectue des tests de force musculaire du quadriceps et de la hanche. Il analyse votre mouvement pendant la course, le vélo ou les squats. Il identifie les déséquilibres musculaires et posturaux. Il établit un protocole personnalisé adapté à votre situation.

Le moment idéal pour consulter est dès que possible, surtout si la douleur persiste depuis plus de 3 semaines.

Option 3 : Chirurgien orthopédiste

Les avantages sont une expertise très pointue dans les pathologies du genou et un diagnostic différentiel très précis.

Les limites sont importantes : le délai de rendez-vous est souvent très long, de 2 à 3 mois. Le coût est élevé en raison des dépassements d’honoraires fréquents. De plus, le spécialiste vous renverra vers un kinésithérapeute pour le traitement concret.

Le moment idéal pour consulter un spécialiste est en cas d’échec après 3 mois de rééducation bien conduite avec un kinésithérapeute.

Il n’existe aucune indication chirurgicale pour le syndrome fémoro-patellaire.

Ce qu’un kinésithérapeute identifie en 1 séance

Test 1 : Mobilité de rotule et bilan articulaire

Le kinésithérapeute observe comment votre rotule glisse pendant la flexion et l’extension du genou.

Il identifie si elle dévie vers l’extérieur, ce qui est le cas le plus fréquent, si elle reste mal centrée dans sa gouttière, ou si elle bascule, c’est-à-dire si elle s’incline anormalement.

Test 2 : Ratio de force entre les muscles quadriceps et ischios jambiers

Le kinésithérapeute teste la force du quadriceps interne par rapport au quadriceps externe. Un déséquilibre avec un quadriceps interne faible entraîne une rotule qui part vers l’extérieur.

Vous ne pouvez pas mesurer ce déséquilibre vous-même sans outils de mesure professionnels.

Test 3 : Contrôle dynamique de la hanche

Le kinésithérapeute vous fait faire un squat sur une jambe, un step-up, ou un saut ou bien encore des tenues d’équilibre sur une jambe les yeux ouverts et les yeux fermés. Il observe si votre genou rentre vers l’intérieur en valgus, si votre hanche s’effondre latéralement, si vous compensez avec d’autres parties du corps, si le bassin tourne pour compenser.

Vous ne voyez pas ces compensations subtiles sans vidéo et sans l’œil expert d’un professionnel formé.

Test 4 : Mobilité de la cheville

Une cheville raide ou un pied instable oblige le genou à compenser, ce qui peut provoquer un syndrome rotulien. Le kinésithérapeute mesure l’amplitude de dorsiflexion de votre cheville avec le test du genou contre le mur.

Vous ne savez pas si votre cheville est normale ou raide sans point de comparaison avec les normes et sans technique de réalisation de mesure.

Test 5 : Analyse technique de votre pratique sportive

Si vous êtes coureur, le kinésithérapeute réalise une analyse vidéo de votre foulée. Si vous êtes cycliste, il fait une analyse posturale complète sur votre vélo. Si vous faites de la musculation, il analyse votre technique de squat ou de vos mouvements préférés.

Vous ne voyez pas vos propres erreurs techniques quand vous pratiquez votre sport.

Questions fréquentes sur le diagnostic

Faut-il une IRM pour diagnostiquer un syndrome rotulien ?

Non, ce n’est pas nécessaire. Le diagnostic du syndrome rotulien est clinique, c’est-à-dire qu’il repose sur des tests physiques. L’IRM n’est utile que s’il existe un doute sur une autre pathologie comme un problème de ménisque ou de ligaments, ou si aucune amélioration n’apparaît après 3 mois de rééducation bien conduite.

Peut-on avoir un syndrome rotulien combiné à autre chose ?

Oui, c’est possible. Parfois on trouve un syndrome rotulien associé à une tendinite rotulienne, ou un syndrome rotulien combiné à une arthrose débutante. Un professionnel expérimenté identifie les pathologies associées grâce à un examen clinique complet.

Le diagnostic est-il le même chez un coureur et un cycliste ?

Le syndrome rotulien en tant que tel est le même, mais la cause et le traitement diffèrent selon le sport pratiqué. D’où l’importance de consulter un kinésithérapeute qui adapte son approche selon votre pratique sportive spécifique.

Combien coûte un diagnostic ?

Une consultation chez un kinésithérapeute coûte 45 euros et est remboursée à 60% par la Sécurité sociale plus votre mutuelle. Une consultation chez un médecin coûte 25 euros et est remboursée à 70%. Une IRM coûte entre 150 et 250 euros et est remboursée si elle est prescrite par un médecin.

Vos prochaines étapes

Étape 1 : Confirmez votre suspicion

Lisez le guide complet sur le syndrome rotulien pour mieux comprendre votre pathologie et ses causes.

Étape 2 : Démarrez les exercices de base

Consultez le protocole d’exercices spécifiques pour le syndrome rotulien et commencez à les pratiquer.

Étape 3 : Obtenez un diagnostic professionnel

Prenez rendez-vous avec un kinésithérapeute spécialisé pour obtenir un diagnostic précis et un traitement adapté à votre situation.

-->